Faire pays dans le pays ?

« NOUS NE VOULIONS pas seulement fuir, même si nous avons bien quitté ce monde pane qu’il nous paraissait intolérable. Nulle lâcheté ici : nous sommes partis en armes. Ce que nous voulions,  c’était ne plus lutter contre quelqu’un, mais avec quelqu’un. Et maintenant que nous ne sommes plus seuls, nous ferons taire cette voix au dedans, nous serons des compagnons pour quelqu’un, nous ne serons plus les indésirables. Il faudra se forcer, il faudra se taire, car si personne n’a voulu de nous jusqu’ici, maintenant les choses ont changé. Ne plus poser de questions, apprendre le silence, apprendre à apprendre. Car la liberté est une forme de discipline. La parole s’avance, prudente, elle remplit les espaces entre les solitudes singulières, elle gonfle les agrégats humains en groupes, les pousse ensemble contre le vent, l’effort les réunit. C’est presqu’un exode. Presque. Mais aucun pacte ne les lient ensemble, sauf la spontanéité des sourires, la cruauté inévitable, les accidents de la passion.  Ce passage, semblable à celui des oiseaux migrateurs, au murmure des douleurs errantes, donne peu à peu forme aux communautés terribles. »  Tiqqun.

« En attendant je cherches, sur des cartes un peu vieillies

les lieux où continuer de faire pays dans un pays. »

 

Au départ il y a une proposition : celle de superposer à la cartographie du pouvoir notre propre cartographie.
Celle de redéfinir par nos usages les lieux que nous fréquentons, que nous habitons.

Les lieux où vivent nos ami.e.s.

Partout où le pouvoir dit : « ceci est un terrain vague où bâtir un eco-quartier » de répondre :

« Non, ceci est une sablière où vivent des hirondelles et des milans noirs, où jouent nos enfants, où je viens me ressourcer après une journée de travail. »

Faire un autre usage du monde que celui que nous imposent les puissants. Un usage du monde toujours à définir, toujours à défendre, toujours à étendre.

Et le faire depuis là où nous sommes.

Puis, de mettre en réseau ces lieux, ces mondes, pour nous rendre plus puissants collectivement.

Pour nous rendre moins disponibles au monde de l’économie marchande.

De rendre plus aisé ce choix qui nous traverse toutes et tous : « quelle vie veux-t-on mener ? »
Maison du peuples ou bibliothèques, ZAD ou centre-sociaux, universités nouvelles ou grands bois commun, jardins collectifs ou théâtres autogérés, maisons d’édition ou médecines du peuple ;

tout importe tant que tout cela peut faire pays.

Tant que tout cela nous rend plus libre.

C’est une proposition qui longtemps parue évidente aux révolutionnaires de tous bords.

Comme une bourse du travail venait au secours des grévistes des fermes communes peuvent nous rendre moins dépendants de la grande distribution.

Mais pour bâtir ce Pays, il faut nous rencontrer.

Nous accorder sur la façon de le construire. Sur ce que nous voulons. Sur comment nous le voulons.

 

NOUS VOUS INVITONS A BATIR AVEC NOUS

LES MONDES D’APRES