Prendre du recul c’est s’éloigner de tout et de tous.

De soi même, du temps et de l’espace.

Moi quand je n’ai plus rien a faire, je me retire sans compromission.

Je commence par me taire et, à mesure que le silence m’habite de plus en plus naturellement :

je m’efface, je disparais, je me dissout.

Je cesse de boire, plus une goutte d’eau, plus un rayon de soleil.

Je ne sens plus le vent sur le cuir de ma peau et mes oreilles se font sourdes aux appels du jour.

Je me terre et me dessèche de la tête aux pieds en un petit cadavre friable sous un tas de feuille brunâtres.

Les saisons me survolent sans me soupçonner;

ainsi recroquevillé, je fréquentent les impuissances du temps qui stagne las une vie, un siècle ou milles ans.

Puis un jour la corneille raconte qu’elle a de nouveau entendu pleurer dans la nuit. Que coulent des larmes qui appellent a la vengeance dans de noirs songe ou s’annonce la fin des jours trop courts, des longues nuits de veille et des temps de tristesse.

Alors j’ouvre l’œil, je laisse s’engouffrer l’air dans ma cage thoracique une fois encore.

Une toute dernière fois, je rampe et me traîne … mangeant la neige,  léchant l’eau croupie, m’abreuvant de flaques troubles.

Chacun de mes os craquent comme autant de branches sèches tombées au sol morne d’un hivers trop long.

Dés la première goutte, ma peau sèche craquèle sous la vie revenante

et, à nouveau, mes ennemis tressaillent : car de me voir boire, ils savent que je suis revenu.

IDBTE4M CODE 87


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